Valorant

Un match du Valorant Challengers interrompu par Time-Out

Lors du Valorant Challengers brésilien, l’un des matches a été interrompu de manière plutôt abrupte. Alors que Slick et Vorax étaient en pleines prolongations dans le loser bracket, la partie s’est arrêtée et les joueurs ont été expédiés à l’écran d’accueil. Ce n’est pas le premier time-out en compétition officielle de Valorant, mais c’est le premier pendant une retransmission en direct.

L’issue du match impactée ?

Ce problème survient dès lors qu’un match dure plus de 90 minutes. De fait, la rencontre entre Slick et Vorax a été très longue. Les deux équipes avaient atteint les prolongations, sur un score de 15-15, au moment où la partie s’est interrompue. Même si ce n’était pas le score le plus élevé que nous ayons vu jusqu’ici, les rounds de la partie ont été longs et les équipes ont opéré quelques pauses tactiques.

Riot Games avait déployé en amont du First Strike des outils permettant de commencer une partie avec les scores d’une partie interrompue plus tôt. Cet incident a mis en lumière un défaut de cet outil : il n’est pas capable de faire commencer une partie directement dans les prolongations. La partie a donc repris sur un score de 12-12. Ce n’est pas dramatique, mais le score s’en trouve faussé.

Là où c’est plus dommageable, c’est que l’interruption de la partie a eu un impact réel sur le résultat de la rencontre. Vorax avait une map d’avance dans ce BO3, et avait le round bien dans la poche, avec 4 joueurs en vie contre 2. Il ne leur restait plus qu’à gagner un round de plus pour remporter le match et se qualifier pour le prochain Challengers.

Malheureusement, Vorax n’a pas été en mesure de remporter les deux rounds qu’il lui manquait après cette interruption. Ils ont donc perdu contre Slick sur cette deuxième map, avant de perdre le match sur la troisième map. Ceci étant, rien ne dit qu’ils auraient véritablement remporté le match, sans ce problème technique. De plus, de vrais champions sont capables de composer avec l’imprévu et concrétiser lorsque c’est nécessaire. Mais on ne peut s’empêcher de penser que Vorax a subit un désavantage injuste.

Une mesure de sécurité

Comme nous le disions en préambule, ce n’est pas le premier match officiel à se faire interrompre par la montre. Une dizaine d’autres matchs ont subi le même problème, dont deux au cours du First Strike. En revanche, c’est la première fois que le problème est visible publiquement, ce qui ne donne pas une très bonne image de la compétition.

Si nous n’avons pas d’explication officielle vis-à-vis de ce problème, nous avons tout de même notre petite théorie quant à l’interruption.

Il s’agit probablement d’une sécurité au niveau des serveurs de jeu. Les places sont limitées sur un serveur, et chaque partie accapare une fraction des places disponibles. Techniquement, il serait possible de surcharger des serveurs et provoquer des disfonctionnements en créant des parties qui ne s’arrêtent jamais. Des individus malintentionnés pourraient créer de nombreuses parties (en match privés) pour occuper petit à petit chacune des places disponibles. Le cas échéant, les serveurs se retrouveraient bloqués, et les joueurs ne pourraient plus lancer de games.

En codant une limite de temps maximum pour un match, le serveur effectue naturellement des roulements. Il s’assure qu’il y aura toujours des places disponibles pour tous les joueurs.

C’est un garde-fou que la plupart des jeux en ligne possèdent, mais qu’on ne voit que rarement en action, encore moins en compétition. League of Legends, par exemple, transforme tous les sbires en Super Sbires passé un certain temps. Ces Super Sbires sont trop puissants pour être stoppés par les joueurs et l’un des Nexus finit forcément par exploser sous leurs attaques.

Une opportunité pour apprendre

Puisque le problème est manifestement survenu dans Valorant, et plus d’une fois, il va falloir que Riot Games change sa limite. Les parties du VCT se déroulant sur un serveur privé aux accès limités, peut-être cette règle pourrait-elle y être supprimée.

A l’instar des déboires du patch 1.11, c’est le genre de couac qui permet justement à un jeu et à ses développeurs d’apprendre et évoluer. Ce time-out a aussi bien mis en avant les limites techniques de Valorant, mais aussi celles des différents outils de Riot Games. Gageons que maintenant qu’il y a eu une déconvenue publique, tout cela sera corrigé prochainement.

Dommage pour Vorax. On ne saura jamais s’ils auraient remporté leur qualification sans cela.