Les Skins de Valorant trop chers

Les skins de Valorant ne sont pas trop chers, selon Riot

Le 28 octobre 2020 à 20:38

Depuis la sortie de Valorant, une question de pose : les skins sont-ils trop chers ? Le prix des skins sont en effets très élevés lorsqu’on les compare aux prix des autres jeux de Riot Games. Interrogé par PC Gamer à ce sujet, Riot Oniram, lead artist, et Riot SWAGGERNAU7, Senior Revenue Strategy Manager, répondent non, sans sourciller.

Pour donner un ordre d’idée, le pack Elderflame coûte à lui seul une centaine d’euros pour quatre skins (vendus chacun à 25€ l’unité). Il s’agit là des skins les plus chers à ce jour, mais qui représentent tout de même une somme colossale par rapport à ce que l’on peut voir dans la plupart des free-to-play.

Ces prix sont en revanche totalement assumés du côté de Riot Games.

Nous créons un précédent dans Valorant en partant du principe que nous ne faisons pas du contenu « cheap » (bon marché, voire bas de gamme). C’est le mot que nous employons en interne. On ne veut pas que les joueurs regardent quelque chose et se disent « ça a l’air cheap ».

Parmi les choses auxquelles nous faisons attention vis à vis de nos skins, et c’est une approche qui s’étend à tout Riot, c’est qu’on doit pouvoir ressentir qu’il y a eu un certain niveau d’effort et d’investissement dans chacun de nos contenus cosmétiques, afin que les joueurs estiment qu’ils valent le coup. On ne veut pas avoir l’impression d’avoir à faire à du travail bâclé.

Riot Oniram

En guise d’exemple, Riot SWAGGERNAU7 mentionne les skins Nebula qui ressemblent à des fenêtres ouvertes sur l’espace.

Quelque soit le projet le projet sur lequel on se lance, on garde en tête la manière dont il sera reçu par les joueurs qui l’utiliseront. Prendre une simple image d’une galaxie et l’appliquer à une arme, c’est bien joli. Mais donner l’impression que l’on vole à travers l’espace et offrir la liberté qui va avec, ce fantasme, c’est ce que nous avons voulu accomplir avec les skins Nebula.

Riot SWAGGERNAU7

D’après eux, le prix des bundles fait réagir, mais il ne s’agit que d’un trompe l’œil. Les prix affichés des packs représentent la somme de tous les skins, mais les joueurs ne sont généralement intéressés que par un ou deux skins. C’est quelque chose que Riot Games a observé en sortant des packs sur League of Legends. Seuls les fans d’un thème en particulier achètent tous les packs.

D’après Riot, le fait que les skins ne soient disponibles que temporairement permet également de justifier les prix. En effet, la boutique est soumise à une rotation très limitée de skins disponibles à l’achat. Il ne suffit pas de payer pour avoir un skin, il faut avoir été là au bon moment. Puisque les skins d’armes reviennent rarement en vente dans la sélection aléatoire, posséder un skin sorti au lancement de Valorant, par exemple, lui donne donc une valeur symbolique supplémentaire.

C’est quelque chose d’indéniable et que l’on voit bien sur d’autres jeux. Les Earbuds dans Team Fortress 2 qui n’ont été commercialisé qu’au lancement du jeu sur Apple. Ces écouteurs sont devenus pendant longtemps l’unité monétaire la plus élevée de la communauté, en dépit de son intérêt réel en jeu. Pour rester dans les jeux Riot Games, le skin Alistar Noir de League of Legends est certes d’une qualité discutable vis à vis des standards actuels de Riot, mais le posséder indique immédiatement aux autres joueurs que l’on est un vieux de la vieille. Il s’agit d’une sorte de marqueur social, comme la plupart des éléments cosmétiques (dans les jeux vidéo comme dans la vraie vie).

La rotation de la boutique est également un moyen de garder les joueurs engagés et les pousser à se reconnecter à Valorant. Elle crée un rendez-vous pour les joueurs impatients de voir ce qu’on leur propose. L’aléatoire est un outil très puissant pour pousser les joueurs à l’achat. Il crée un sentiment d’urgence qui donne envie d’acheter sans réfléchir, avant que le skin ne disparaisse.

En revanche, si on parle beaucoup des bundles onéreux, Riot Games se concentre surtout sur le Battle Pass. Il s’agit du produit le plus acheté dans la boutique de Valorant, en partie parce qu’il apporte le meilleur rapport qualité (ou quantité) prix. C’est pourquoi beaucoup d’efforts sont investis pour procurer des récompenses variées, tant en termes d’objets que thématiques.

Nous cherchons à avoir des thématiques variées dans le Battle Pass. Vous remarquerez que nous avons trois thématiques différentes dans chaque passe. C’est quelque chose de très important, afin que le Passe de Combat soit intéressant pour le plus de personnes possibles.

Riot Marino

Riot fait également en sorte de proposer des skins pour la plupart des armes, à des niveaux différents dans chaque passe de combat. Si un joueur n’a pas pu s’investir assez pour atteindre le niveau 45 et recevoir son skin Vandal, il pourra obtenir un autre skin Vandal dans le passe de combat suivant à partir du niveau 25. Une rotation est effectuée afin que les joueurs qui ont peu de temps pour s’investir dans Valorant puissent tout de même récupérer un skin pour chaque arme, dans chaque passe. Le but de Riot Games est qu’à termes, les joueurs qui achètent le passe de combat tous les mois aient au moins un skin pour chaque arme.

La boutique de Valorant et le Passe de Combat sont donc deux manières opposées d’acheter du contenu. La boutique permet aux joueurs d’obtenir un skin bien précis, mais dans une période très limitée, en investissant de leur argent. Le passe de combat permet quant à lui d’obtenir de nombreux skins décidés par Riot, communs à tous les joueurs, en investissant de son temps.

Les développeurs de Valorant ne veulent en revanche pas de lootboxes sur Valorant. Si la rotation de la boutique est aléatoire, il est hors de question de faire payer les joueurs sans qu’ils sachent ce pour quoi ils dépensent leur argent. Mais selon Riot, la contrepartie de savoir ce pour quoi on paie, c’est de payer plus cher que sur la plupart des autres jeux.

Visiblement, ils ne sont pas prêts à changer leurs tarifs. S’ils sont aussi confiants à ce sujet, c’est probablement qu’il existe un nombre suffisant de joueurs prêts à payer pour leur donner raison. Les joies de l’offre et de la demande, donc.